Au Cameroun, le paludisme reste la première cause de consultation dans les formations sanitaires (29%) et d’hospitalisation (8%). Cette situation emmène les décideurs du système de santé à faire de la lutte contre cette maladie une priorité nationale.
Pour y parvenir, le respect des directives de prise charge des cas de paludisme par tous les prestataires de soins est un préalable de base. Malheureusement, cette prise en charge demeure confrontée à des défis considérables notamment : le faible respect des directives nationales de traitement et la qualité médiocre des données issues des systèmes de surveillance de routine.
Une évaluation menée en 2022 a révélé une concordance de seulement 10 à 35 % entre les registres des formations sanitaires et les bases de données nationales renseignées dans le DHIS2 qui est l’outil de collecte des données utilisé à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Bien plus seulement 39 % des cas de paludisme grave étaient pris en charge conformément aux directives nationales. Toute situation qui appelle au renforcement permanent des capacités des prestataires en matière de prise en charge du paludisme. Ces défaillances sont aggravées par le recours à des formations en présentiel coûteuses, fragmentées et difficiles à pérenniser compte tenu du fort taux de rotation du personnel de santé, des ressources financières et logistiques limitées pour la mise en œuvre de formations à l’échelle nationale.
Pour accompagner le Programme National de Lutte contre le Paludisme à relever ces défis, la Fondation Clinton Health Access Initiative (CHAI) a soutenu l’élaboration de treize modules de formation, d’un manuel de prise en charge des cas de paludisme et d’un guide du formateur. Parallèlement, treize modules d’apprentissage en ligne conviviaux et des vidéos de formation animées ont été développés, couvrant le diagnostic, la prise en charge, la surveillance et la gestion des stocks de paludisme. CHAI a également accompagné le ministère de la Santé dans la personnalisation et la maintenance de la plateforme nationale d’apprentissage en ligne MINSANTE, sur laquelle les modules de formation sur le paludisme ont été déployés. Cinq modules ont déjà été mis en ligne sur cette plateforme.
Cette approche d’apprentissage moins coûteuse, accessible par tous les prestataires avec à la clé la possibilité de revisiter les modules permet de renforcer les capacités de ces derniers à grande échelle et sur un temps limité. S’il est à noter que quelques difficultés d’ordre pratiques peuvent se poser (coupures d’électricité, instabilité du réseau internet), cette approche de capacitation des prestataires de santé devrait renforcer le respect des directives nationales, améliorer la qualité des données et assurer la continuité du renforcement des capacités à moindre coût.

